Depuis une dizaine d'années, la pyrale du buis (Cydalima perspectalis) fait des ravages dans les jardins de la région liégeoise. Ce papillon venu d'Asie peut défolier un buis entier en quelques jours. Voici comment la reconnaître à temps et la combattre efficacement.
Reconnaître la pyrale du buis
Le ravageur, ce n'est pas le papillon mais sa chenille. Apprenez à repérer les signes :
- Les chenilles : vert clair à tête noire, parcourues de rayures sombres, jusqu'à 4 cm de long.
- Des fils de soie et des cocons tissés entre les rameaux, comme une toile d'araignée.
- Des feuilles rongées, des déjections vert-noir, puis des branches qui se dessèchent et brunissent.
- Le papillon : ailes blanc nacré bordées de brun (parfois entièrement brunes), actif surtout le soir.
Inspectez vos buis régulièrement de l'intérieur : les chenilles commencent souvent à grignoter au cœur de l'arbuste, à l'abri des regards.
Un cycle rapide : 2 à 3 générations par an
Sous notre climat, la pyrale produit deux à trois générations entre avril et octobre. Elle passe l'hiver sous forme de jeune chenille, bien cachée dans un cocon au cœur du buis, et repart dès le printemps. C'est cette rapidité qui la rend si destructrice : une surveillance régulière d'avril à l'automne est indispensable.
Comment traiter efficacement
1. Le ramassage manuel
Sur un petit buis, retirez chenilles et cocons à la main (avec des gants) dès les premiers signes. Un jet d'eau puissant fait aussi tomber une partie des chenilles, à récupérer au sol.
2. Le traitement biologique au Bacillus thuringiensis (Bt)
Le Bt (Bacillus thuringiensis), une bactérie d'origine naturelle, est le traitement de référence. Il cible les jeunes chenilles sans nuire aux abeilles. Pulvérisez-le le soir, sur l'ensemble du feuillage (y compris l'intérieur), au tout début de chaque génération, et renouvelez après une pluie.
3. Les pièges à phéromones
Ils ne soignent pas le buis mais signalent les vols de papillons : dès les premières captures, vous savez qu'une nouvelle ponte arrive et qu'il faut traiter au Bt.
4. Quand le buis est trop atteint
Un buis défolié peut parfois repartir s'il est traité et nourri. Mais en cas d'infestation chronique, mieux vaut envisager un remplacement par une espèce résistante : houx crénelé (Ilex crenata) ou chèvrefeuille arbustif (Lonicera nitida) imitent très bien le buis sans subir la pyrale.
♻️ Que faire des déchets infestés ?
Ne compostez pas les rameaux pleins de chenilles et de cocons : vous relanceriez le cycle. Évacuez-les en sac fermé vers un recyparc Intradel de la région liégeoise.
En résumé
Surveillez vos buis d'avril à octobre, traitez les jeunes chenilles au Bt le soir, utilisez des pièges à phéromones comme système d'alerte, et évacuez les déchets infestés en recyparc. En cas d'infestations à répétition, le houx crénelé est une alternative durable. Agir tôt, c'est sauver le buis.